SNG l'original

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Tribune : Nos vies valent plus que leur psychiatrie !














“Nous nous adressons à Madame la Première Ministre”,

Pour beaucoup d’entre nous, prononcer cette phrase à certains moments de notre vie nous aurait coûté notre liberté.

Aujourd’hui, nous nous adressons à vous depuis la marge de la société et du discours public. Nous, les fol·le·s, les survivant·e·s, les psychiatrisé·e·s, les citoyen·ne·s vivant avec un handicap psychique, … et leurs allié·e·s, celleux qui ont partagé nos vies, nous ont aimé·e, nous ont soutenu·e, …

Ici, nous souhaitons réagir à une tribune de 75 professionnel·le·s de la psychiatrie, publiée le 30 mai 2022 dans le journal Le Parisien, et titrant : “créons des postes pour éviter le naufrage !”. Nous allons rebondir sur l’analyse qui est faite de la situation de la psychiatrie française et proposer une alternative. Nous témoignons notre soutien aux nombreux·ses professionnel·le·s que l’on n’entend pas et qui, dès 2018, se sont mis·es en grève pour dénoncer la déshumanisation des soins. Mais plus que tout, nous souhaitons être entendu·e·s, parce que notre parole est invisibilisée quotidiennement, parce que de la pluralité de nos vécus rejaillit une même envie de participer à la vie démocratique. Nous voulons sortir du simple rôle de bénéficiaires des services de santé mentale qui nous est assigné, pour trouver ensemble des solutions à nos besoins en partant du constat que le besoin invoqué d’hospitaliser les gens qui vont mal en psychiatrie n’en est en réalité pas un. Personne ne veut finir à l’hôpital. [...]

Tribune : Nos vies valent plus que leur psychiatrie ! sur le site de Comme des fous, le 6 juin 2022

2e Journée Mondiale des TCA

 


Il y a un an se déroulait la première édition de la journée mondiale dédiée aux TCA*. Si les pathologies alimentaires concernent un très grand nombre de personnes sous des formes variées (anorexie, boulimie, hyperphagie, orthorexie, phobie alimentaire, addiction des suites d'un traumatisme, trouble sensoriel associé à l'autisme...), elles figurent à l'évidence parmi les pathologies - voire en tête de liste - des troubles psychiques les moins bien pris en soin et au plus fort taux de suicide en France.

L'an dernier, cette première journée fédératrice réunissait au sein de discussions thématiques une large part de médecins psychiatres et professionnels de santé spécialisés, qui échangeaient aux abords du huis-clos autour de leurs pratiques et connaissances théoriques des TCA. L'espace offert à la parole des malades et des personnes rétablies, de leurs proches et aidants était minime, ridicule. Ce rassemblement paternaliste autour de troubles si méconnus et si mal soignés ou de façon communément maltraitante m'a profondément attristée, cela dit pas surprise. 

J'ose espérer à un réajustement cette année, quand la communication autour de cette journée s'annonce peu probante, jusqu'au recyclage de l'affiche de l'an passé, sur laquelle seule l'année a été actualisée ; affiche soit dit en passant glauque au possible et de mauvais goût, soit un ensemble assez misérable à un endroit où les premières personnes concernées et qui devraient être sollicitées ont à peine été conviées à prendre part à ces discussions et aux enjeux vers un accompagnement digne des personnes vivant avec des troubles alimentaires. 

Je me suis en ce sens octroyée l'initiative de dessiner une affiche plus fun là où la toute puissance psychiatrique n'a de cesse d'écraser les patients et les réduire à leurs pathologies, sans même prendre le temps de les écouter leur apprendre ce qu'est la cohabitation avec un TCA et la façon dont on apprend à vivre avec ou parvient à s'en défaire.

En n'imaginant nullement détenir le pouvoir de générer un changement dans les modes de fonctionnement des service spécialisés dans les TCA, qui perpétuent les mêmes soins ahurissants de violence et de déshumanisation depuis des dizaines d'années ; pratiques dont j'ai pâti et dont mes pairs continuent, hélas, de pâtir, accumulant des traumatismes liés aux modalités "thérapeutiques", qui, au sortir de ces internements - pour celles et ceux qui en sortent – ne nous laissent pas indemnes sur le chemin du rétablissement et dans la réintégration du monde des humains.

- Soignants, nous attendons, patients, votre premier pas d'humilité.

*troubles du comportement alimentaire